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Full text of "47 Romer"

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DEMONSTRATION T0VCMAN t LE 
mottle merit de U lumiere truuve pa.r M. Riitner de 
t Academic R oy de des Sciences. 

I L y a long-tempsque lesPhtlofophes font cn 
peine de decider par quelque experience, fi 
l’adiian de la lumiere fe porte dans un inftant a 
quelque diilance que ce loir, ou fi el I e demande 
du temps. MrRomer de 1’Acadejinie Royale des 
Sciences s’eft avife d’un moyen tire des oblerva- 
tions du premier fatellite de Jupiter, par lequel 
il demontreque pour unediftance d’environ 3000 
lieues, telle qu ell a peu prds la grandeur du dia- 
metre de la terre , la lumiere n’a pas befoin d’u- 
l:6y6. N nil 



J O RUN A-L- 

ne feconde de temps. 

Soit A le Soleil , B Jupiter C 
le premier Satellite qui encre 
dans 1 ’ombrede Jupiter pour en 
fortir en D ,,,& foit E FG H K L 
la Terre, place'e a, diverfes di- 
llances de Jupiter. 

Or fuppofequela terre eftant 
en L vers laleconde Quadra- 
Thilture de Jupiter ,, ait veu le pre- 
mier Satellite , lors de fon e- 
merfion. ou fortie de 1’ombre 
en D- j Sc- qu’en fuite envi- 
ron 41. heures & demie a- 
pre's , ffavoir apres une revolution de ce Sa- 
tellite, la terre le trouvant en K , le voye de re- 
tour en D : II. eft manifefte qqe £la lumiere de- 
mande du temps pour, traveri’er l’intervalle L K,le 
Satellite fera veu plus tard de retour en D , qu'il 
n’auroit efte fi la terre eftoit demeuree en K , de 
forte que la revolution de ce Satellite, ainfi ob- 
ferve'e par les Emerfrens, fera retardee d’autant 
de temps que la lumiere en aura employe a paf- 
fbr de L en K , &qu'au contrairedans TautreQiia- 
draturc FG, ou la terre en s’approehant, va au 
devant de la lumiere ■, les revolutions des Immer- 



fions paroiftront autant accourcies , que celles 
des Emerllons avoient paru alonee'es. Et parce 
qu en 4t*ffeures& demy., que le Satellite employe 
.apeu pre's a faire chaque revolution; la diftance 
entre la Terre Selupiter dans fun Sc 1’autre Qua- 
drature varietoutaumoinsdeiio. diametres de la 



DES S C A V A N S. *jy 

Terre, ils'cnfuit quefi pourlavaleurdecbaque dia- 
metre de-la Terre.il faloit une fcconde de temps, la 
lumiere employeroit 3 - min. pour chacu des intcr- 
valles GF,KL,cc quicauleroit une differeee de pi e's 
d un demy quart d’heure entre deux revolutions 
du premier Satellite , dont l une auroit efte ob- 
fervee en FG, & lautre enKL, au lieu qu’onn’y 
remarque aucime difference, lenfible. 

ll-ne s’enfuit pas pourtant que la lumiere ne 
demande aueun temps : car apres avoir examine 
la chofe de plus pres, il a trouve que ce qui n 0- 
toit pas fcnfible en deux- revolutions , , devenok : 
tres-confiderable adegard de plufieurs prifes en-- 
femble , & que ’par -example 40 revolutions ob*- 
fervees du colle F ,, eftoient fenfiblement plus ■ 
courtes , que 40. autres obferve'esde l’atitre co- 
teen quelque endroit du Zodiaque que lupiter 
fe foit rencontre; & ce a raifon de ix. pour tout 
l’intervalle H E, qui eftledoubledeceluy qu’ily •' 
ad’icy aufoleilv 

La neceflite de Cette nbuvtlle Equation du re- • 
tardemcnt.de la lumiere, effetablie par toutes les 
obfervations qui ont elle faites a TAcademie 
Royale , & a 1 O blervatoire depuis 8. ans , & nou- 
vellement elle a efte confirmee par l’Emerfion da 
premier Satellite obfervee aParis-le^Novembre 
dernier ay h. 33/ 45." du loir, i-d. minutes plus tard 
qu’on ne l'eut deu attendre , en la deduifant de 
eelles qui avoient efte obfervees au mois d’Aouft, - 
lors que la terre eftoit beaucoUp plus proche de ; 
lupiter 3 ce qqe MrRomer avoir predit aTAcadew-'- 



.i 3<r 'JOURNAL 

mie de's le commencement de Septembre. 

Maispour oiler tout lieu dedouter que cette 
inegaliteioit caufce par le retardcroent de la lu- 
niiere, il demontre qu’etlene peut venir d'aucune 
excent ncite^ou autre caul e de celles qu’on apporte 
ordiniirement , poiir expliquer les irregularitez 
de la Lune & des autres Planetes : bienquenean- 
moins il le foit aper.eeu due le premier Satellite 
de Iupiter clloit excerttriquc, & que dailleurs fes 
revolutions elloknt avancecs ou retardees a rne- 
lure que Iupiter s’aprochoit ou s’eloignoit dii fo- 
leii, & m^me que les revolutions dujpremierMo- 
bileclloient inegales; fans tdutesfoisqueces trots 
dernieres cauicsd’inegalite empechcntquela pre- 
miere ne loit manifeite.